-30 000 ans.

En Europe, l’Homme s’exerce à ses premiers dessins. Il représente son monde qu’il illustre par son imaginaire.

La ligne droite n’existe pas. Nulle part. Ni de ligne droite, ni d’angle droit. L’unique ligne parfaitement droite naturellement visible sur Terre est la ligne d’Horizon. Encore fallait-il se trouver face à la mer ou l’océan pour la percevoir.


- 11 000 / - 14 000 ans.

L’Homme maîtrise le trait. Il trace des lignes de plus en plus précises. À Niaux (Ariège – France), on y découvre un rectangle qui renferme des points et des lignes droites horizontales. Représentation mystérieuse à l’usage et à la signification inconnus. Seul subsiste sa forme.

L’Homme apprend à maîtriser l’espace. Il peut alors découper, arranger et transformer son environnement et l’adapter à son imaginaire, à ses besoins, à ses rêves.


- 2500 / - 1400 ans.

La Vallée des Merveilles, au coeur du Parc National du Mercantour, dominé par le Gélas, regroupe près de 40000 gravures rupestres. Les autochtones représentaient leur divinité (Mont Bégo) et leur environnement sous forme figurative et géométrique sur les rochers alentours. Le paysage est marqué par l’empreinte des gravures comme les hommes ont été marqué par la linéarité accidentée de la montagne.

L’approche de cette matière visuelle (ligne) dans Terra, s’axe autour de la notion de paysage. Tel un trait tiré d’un point à un autre, composant les cimes du glacier, la ligne forme un sujet réaliste aux allures abstraites et poétiques.

La délicatesse de l’acrylique noire (névés) déposée sur le blanc du papier coule distinctement dans le regard confondu du spectateur.

Cette série graphique de l’évolution du Gélas use de ces formes linéaires comme base esthétique et par conséquent informative, du sujet traité.

L’évolution naturelle du site devient belle et douce ; propos antithétique tenu alors sur une idée simple : le constat de l’évolution d’un territoire.

Ce que je sais m’aide alors à chercher ce que je ne connais pas. Le temps qui passe transforme les territoires et les paysages qui, à leur tour, influencent le développement de la vie en leur sein. Puis-je alors voir ce développement ? Ou suis-je un élément en mutation, ancré dans le système de ce développement ? Puis-je voir ainsi de l’intérieur, ce qui se crée en dehors, bien loin de ma conscience d’être où je suis ?

Si malgré tout, je sais que ces changements peuvent avoir lieu, je n’en ai pas conscience. Je ne peux me rendre compte de ce qui me dépasse (entendement).


C’est en ce sens que l’Art est tout ce qu’il y a de plus important : il est le support des possibles. L’Art est la théorie de l’hypothèse.

Les tableaux du Gélas symbolisent l’évolution de l’Espace et du Temps.

Ils sont exposés sous une lumière si violente qu’elle casse et rompt les contrastes de l’espace. Seules subsistent les traces noires (neige) telle une matière carbonisée, ou qui tend à le devenir. Seul ce qui n’est pas source de lumière est visible.

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